Ibrahim Maalouf, l’interview (qui a du S3NS)

Pour la sortie de son nouvel opus S3NS, Ibrahim Maalouf nous a convié à une session d’écoute privée aux Studios Saint Germain à Paris.

Ce rendez-vous avec ce génie de la trompette est aussi l’occasion de lui poser plusieurs questions à l’issue de l’écoute de son album S3NS. Je suis accompagnée avec Yanis Baybaud, photographe de son état, qui va pouvoir illustrer ce moment de partage. Je vous invite à découvrir ces instants privilégiés aux Studios St Germain avec l’accord d’Ibrahim Maalouf. Si vous aimez ses photos, vous pouvez vous rendre sur son site pour en découvrir plein d’autres et d’autres d’artistes très différents.

Sauf mention contraire, les photos sont créditées 12Photography by Yanis Baybaud (Reproduction interdite sans autorisation / Tous droits réservés).

Pour découvrir l’univers visuel de Twelwe Photography by  Yanis Baybaud, rendez-vous sur les liens suivants :

SITE OFFICIEL : www.twelve-photography.fr/ – FACEBOOK : facebook.com/Twelve-Photography-by-Yanis-Baybaud – TWITTER : twitter.com/ybaybaud

L’accueil est très chaleureux à l’image du bonhomme. Il s’enquiert de savoir si nous allons bien, si nous avons facilement trouvé l’adresse et d’être patients car il y a des retardataires. Durant l’écoute, on comprend qu’Ibrahim Maalouf a pris un soin tout particulier à expliquer ce que ces titres représentent à ses yeux. Subtilement, on y vient, il donne tout le SENS qu’il souhaite transmettre à ses auditeurs comme autant de pistes sur lesquels il déroule des cailloux blancs pour découvrir peu à peu ses intentions artistiques. Maintenant que tous les regards sont tournés vers lui, les questions fusent, toutes les personnes présentes souhaitent lui dire combien son album a été plus qu’apprécié et veulent en savoir plus sur ses intentions, la fabrication de cet opus, comment il travaille en studio, etc.

Il explique qu’il a enregistré son nouvel album à Ivry sur Seine dans son studio personnel et fait un bref aparté sur l’histoire du studio où nous nous trouvons. Nous sommes une douzaine de personnes à avoir le privilège d’être avec lui dans cet endroit magnifique où trône plusieurs pianos, deux grosses enceintes sur pied face à nous et en fond un drapeau de Cuba posé fièrement par Ibrahim et qui nous donne déjà des indices à peine voilés sur la coloration musicale de cet album.

Credit photo Astrid Souvray

Une fois l’écoute terminée, chacun applaudit et tout le monde s’accorde à dire que c’est un bel album, qu’il est fort. Ibrahim Maalouf visiblement touché, nous remercie pour notre attention et dans un sourire nous avoue que « C’est la première fois que je vois des personnes tous assis en train d’écouter ». Il explique en guise d’introduction avant que nous commencions : « [L’album S3NS] C’est plusieurs années de travail, c’est le onzième album, il y a un parcours derrière. Quand j’ai sorti mon premier album en 2007, on me disait c’est quoi un premier album ? Je répondais que c’était un acte de désespoir en fait. Personne ne me connait, personne ne sait ce que je fais tout seul dans ma chambre, quand je joue avec ma trompette et  que je m’éclate, tout le monde s’en fout. Mais j’aimerais au moins qu’il y ait des gens qui écoutent ce que je fais, et qui apprécient ». Il appuie un peu plus : « Cette démarche-là, elle reste plaisante à chaque fois, car c’est comme une histoire d’amour, ça doit se renouveler régulièrement. Il faut espérer à chaque fois qu’ une musique est présentée, les gens la découvrent comme si c’était la première fois ».

Il sourit : « Bon, je suis content que vous soyez là. J’ai l’impression que vous avez plutôt apprécié (acquiescement de l’auditoire avec les regards qui brillent). Il poursuit : « J’ai remarqué un truc, notamment aujourd’hui en écoutant à la première séance, c’est que tous mes albums commencent dans une dimension pas très positive (en tout cas la plupart, à part le premier qui était un peu particulier). En fait non, ce n’est pas complètement vrai ce que je viens de dire. Mais globalement, mes musiques ont toujours un truc qui commence par un constat qui est assez cynique en tout cas plutôt dramatique et mélancolique, puis ma musique tend à porter quelque chose de positif, en tout cas pour que ça se termine toujours par une note joyeuse et positive. J’ai l’impression que cet album là, c’est le contraire. On a l’impression qu’on commence par … « 

Il est interrompu par une des personnes présentes, qui lui indique son ressenti contraire, que sa musique n’a pas une connotation négative. Il se reprend : « Mais non, ce n’est pas négatif, jamais. Mais celui-ci, c’est la première fois que je commence un album qui démarre par quelque chose de plutôt joyeux et qui se termine par comme en général mes albums commencent. C’est un truc bizarre ».  Il s’ensuit une longue diatribe de cette personne expliquant que cet album est à la fois intime, le tout très cohérent avec la musique qui explose au milieu puis enfin avec un retour à l’intime à la fin. qui reste respectueux de la vie ici-bas.

© Yann_Orhan

Ibrahim est visiblement touché par ce retour sincère et embraye.  « Vous avez pu lire ce qu’il y avait sur l’album ? Tout le monde pousse un grand OUI en choeur. Chacun y va de son commentaire expliquant avoir pris le temps de lire pendant l’écoute à chaque morceau, d’avoir vécu pleinement l’album (comme c’est une vraie découverte, il n’y a pas que la musique qui attire l’attention). C’est un Ibrahim Maalouf attentif à nos réactions, qui s’adresse à nous, curieux d’en savoir plus : « Quand ça (la musique) arrive dans vos vies, parce que moi je suis musicien donc forcément oui c’est mon métier, est-ce que ça vous arrive d’écouter un album du début jusqu’à la fin d’un seul trait, sans rien faire, sans interruption téléphonique, sans quelqu’un qui frappe à la porte, de vivre un truc personnel ». Ses questions suscitent un petit débat entre nous. Certains indiquent que c’est un moment rare, d’autres que ça dépend des albums.  Ibrahim dubitatif exprime sont point de vue : « J’ai l’impression que c’est rare. Que personne ne le fait ». Certaines personnes indiquent dans quel endroit ils le font, par exemple, dans la voiture. Il répond étonné : « Mais en voiture, tu es occupée par le rétro, les machins, le clignotant, tu ne peux pas resté concentré ! ». « C’est un moment privilégié » renchérit une autre personne.

Après cet échange assez vif, quelqu’un demande comment s’est effectué l’organisation de chaque titre sur l’album, si c’est l’ordre d’arrivée des compositions ou de l’arrangement. Ibrahim Maalouf répond : « Non, c’est dans l’ordre de logique par rapport à ce que j’ai envie de raconter. Il y a des morceaux qui sont très très anciens comme « Harlem ». C’est un morceau que j’ai composé il y a plus de 12 ans. « All I Can’t Say », c’est un morceau que j’ai composé il y a des années aussi. Tout comme le morceau « Radio Magallanes » que j’ai composé il y a presque 20 ans. C’est mon choix de le faire dans cet ordre-là. C’est la première fois que je fais ce choix là sans l’avoir calculé, c’est cela que je veux dire ».

Quelqu’un l’ interrompt : « Il est super lumineux le dernier morceau ! ». Ibrahim aquiesce et réplique : « Il a quelque chose, il y a un thème que tu n’oublies pas, quand les gens vont l’entendre trois à quatre fois. Oui, la thématique est triste ». Une autre question arrive : « Pourquoi la dernière est indiquée comme un bonus ? » Ibrahim explique : « Parce que j’ai failli ne pas la mettre. Pour moi mon album se terminait sur le 8ème morceau. Je me suis dit, je veux finir en douceur, j’ai dit ce que j’avais à dire. Il y avait le titre « Radio Magallanes  » que j’avais déjà enregistré mais je me disais « … Il réfléchit et reprend : « D’ailleurs, je ne le dis pas, parce que c’est toujours bizarre mais je suis comme un photographe. Un photographe, il fait plus de 1.000 clichés, mais il va en choisir que 20 seulement qu’il va montrer aux gens et les autres photos, personne ne va jamais les voir. Parce que si on les voit, on dira « Oh! il est nul « (Rires). Et en fait c’est un peu la même chose. Lorsque je travaille sur un album, il y a plus de 30 morceaux sur lesquels j’ai bossé, et il y en a plein que je n’ai pas mis. Du coup , il y en a plus de 20 même presque 25 que je n’ai pas mis dans l’album alors que je les ai bossés. Ce sont des mélodies qui me touchent, qui me parlent mais j’estimais que c’était redondant avec autre chose. Un morceau qui ressemble trop à un autre que j’ai déjà mis, etc. Je n’aime pas trop me répéter et j’aime bien ne garder que l’essence de ce qui reste ! Donc avec le titre « Radio Magallanes « , je me suis dit au début, non, je ne vais le mettre, ça n’a rien avoir avec … enfin… on ne reconnait pas l’esprit latino-américain pourtant tout est inspiré de ce que m’inspire l’histoire du Chili ».

« Je n’en parle jamais, mais une partie de ma famille est Chilienne. Je n’en parle jamais parce que quand tu es labellisé musicien de jazz et d’origine arabe, on se dit , ça y est, il essaie de faire oublier autre chose et ça parait toujours opportuniste ! Du genre, moi je veux  faire de la musique latino ….. Ouais …. en fait, tu veux vendre des disques ! Alors que ce n’est pas  du tout l’objectif mais alors pas du tout !!! D’ailleurs, la preuve est que j’ai fait un album de musique latino qui n’a rien a voir avec les clichés de la musique latino habituels. Il y a parfois des petites citations ou des clins d’œil, mais c’est jamais « Despacito » dit-il l’oeil amusé. Tout le monde éclate de rire de bon coeur. Il continue : « Ce que je veux dire par là, c’est qu’il y a  plein de morceaux comme ça qui sont là, qui sont présents, et je vous le dis, je ne vais pas les mettre. Celui-ci, (il parle du morceau Bonus) j’ai vraiment décidé de le mettre dans l’album, je pense 3 ou 4 jours avant de le mixer, il y a quelques jours presque. Pendant longtemps, ça ne me semblait pas cohérent. Je pense qu’il va y avoir plein de gens qui vont se dire « Tiens, ce morceau je ne sais pas ce qu’il fait là ? ». Il rectifie : « Par contre, si on écoute l’album en entier, non (c’est cohérent), je suis d’accord.

Une question est posée sur les collaborations du disque. Il questionne : « Les collaborations avec les musiciens cubains en particulier ? puis reprend : « Ce sont tous des artistes que j’ai croisés avec qui j’ai déjà travaillé, avec qui j’ai déjà joué, etc… Ce sont des musiciens que j’aime et qui font un peu partie de ma famille. Le hasard fait que je ne voulais pas que mon album soit particulièrement cubain. Pour moi, c’était un album sud-américain. D’abord, parce qu’une fois je l’ai déjà dit encore une fois, la plus grande partie de ma famille est d’origine chilienne, j’ai de la famille à Cuba, il y a beaucoup beaucoup de ma famille qui habite au Brésil, etc. « . Ibrahim Maalouf poursuit, amusé (avec un brin de malice dans les yeux) : « Les Libanais sont partout! C’est vrai en Amérique du Sud en particulier. Tu sais qu’il y a 8 millions de Libanais au Brésil et 4 millions de Libanais au Liban, c’est comme s’ il y avait un autre pays où il y aurait 140 millions de français et qui n’est pas la France ! » Tout le monde rit. Il explique : « Il y a toujours eu cette partie de la musique latino-américaine qui me parlait. Mais au fur et à mesure de mes rencontres, je crois à chaque fois que j’ai rencontré des artistes cubains, c’était un coup de foudre artistique toujours très fort. Donc du coup, spontanément, tous mes invités [sur l’album], j’ai eu envie de les inviter …. Je me suis rendu compte finalement sans trop le faire exprès qu’ils étaient tous cubains. Je leur ai fait écouter l’album en leur en parlant évidemment. Ce qu’il y a de bien avec les musiciens cubains -et ce n’est pas une généralité-, c’est vraiment dingue de voir à quel point les musiciens cubains ont un niveau musical, une culture musicale dingue ! Il agite ses mains pour appuyer son propos et poursuit. « Ils sont tous formés au plus haut niveau de musique  classique qu’on puisse imaginer, ce sont tous des improvisateurs nés incroyables, ils ont tous un niveau de jazz dingues, ils sont tous ouverts sur la culture du monde, ils sont même plutôt extrêmement demandeurs de découvrir les cultures du monde ! Evidemment, c’est lié à la situation politique et géopolitique du pays, de l’île, mais ils ont une ouverture d’esprit incroyable, ils ont un métissage interne qui est dingue aussi ! »

Il plaisante : « Ils ont un trompettiste cubain qui s’appelle Ibrahim aussi qui est plus jeune …. je me disais « C’est fou, ils ont un mec qui joue de la trompette et qu’il s’appelle Ibrahim aussi ! ». Tout le monde éclate de rire.

Une autre question est posée : « Les musiciens de l’album viendront-ils tous sur la tournée ? ». Ibrahim Maalouf répond : Déjà à l’Olympia, on a des invités qui viennent comme Yilian Cazinares, Alfredo Rodriguez qui vient spécialement de Los Angeles. Puis sur les autres concerts, il y avait tellement de musiciens que j’avais envie d’inviter comme Omar Souza, Rolando  Luna ! Rolando est un virtuose incroyable ! Si vous l’avez déjà entendu, je l’invite à d’autres concerts … Il vient  à Brest, à Nantes ,à Rennes, à Toulouse, à Bordeaux, à Nancy !! Il y a Harold Lopez Nussa qui va être aussi avec nous à Dijon et à Nancy… A chaque fois, j’ai plein d’invités qui font partie de cet album. Puis, il y aussi d’autres invités qui ne font pas partie de cet album et que j’aurais pu inviter. J’aime bien avoir d’autres rencontres avec d’autres artistes aussi … Il y a des gens qui n’ont rien à voir avec Cuba ou la musique cubaine et que j’invite aussi parce que j’ai envie de mélanger mon environnement et mon monde musical avec ces gens que j’admire ! »

Vient le moment, où une question me brûle les lèvres et que personne n’a encore posée : « Que signifie le mot Sens de l’album, quel sens en particulier et pourquoi est-il écrit de cette manière ? Ibrahim Maalouf répond ; « Oui cet album a du sens ….(je souris). Moi et mes titres d’albums, c’est toujours pareil, je pourrais écrire un bouquin par titre d’album (Rires de toute l’assistance), tellement il y a des trucs à dire mais disons que » … Un long silence s’installe avant qu’il reprenne : « Comment résumer ça ? … D’ailleurs, ce serait bien que je me pose cette question là pour les prochains entretiens (il sourit et nous avec)  … Je connais la réponse mais ce n’est pas évident de la formuler. Je dirais qu’en fait, je me suis rendu compte … Je pense que tout le monde expérimente ça dans sa vie à sa façon …. Que la seule bonne direction dans  » ….  Il s’arrête à nouveau puis reprend. « On a l’impression que je fais un grand discours … C’est assez impudique de parler de ça, je vous promets !

« La seule bonne direction à mon sens à prendre dans nos vies, c’est celle de la résilience ! »

Ibrahim Maalouf

C’est-à-dire qu’on traverse tous des périodes compliquées. J’en ai traversé beaucoup jusqu’à maintenant mais j’ai l’expérience de beaucoup, beaucoup de choses compliquées (il prend un air plus grave) …, Ca va de ma naissance sous les bombes à Beyrouth » … Il se radoucit : « Je ne veux pas faire pleurer dans les chaumières » justifie-t-il … « Mais ça va de ma naissance sous les bombes à Beyrouth à d’autres choses plus ou moins compliquées de la vie …. Et je me suis rendu compte que la seule solution, la seule chose qui a du sens c’est celle de la résilience » (on le sent ému) …. « Je n’arrive pas à avoir d’autres mots…. C’est-à-dire de toujours renaître de ses cendres, de ce qui vous semble être insurmontable, c’est comme ça qu’on se construit, qu’on construit notre vie et notre destin. L’album parle un peu de ça ». Je pense qu’il fait référence aux mots de bon sens de sa grand-mère sur le titre All I Can’t Say.

« Le bon sens, tout le monde en a besoin, peu l’ont, et chacun croit l’avoir ». Benjamin Franklin

Pourquoi le 3 ? C’est parce que le mot Sens est indissociable de 3 significations qu il a souvent . On parle des « 5 sens » ou bien du sens « signification », ou bien du sens « direction ». Or pour moi c’est une seule et même chose ! On n’envisage pas de s’orienter sans utiliser nos sens comme on n’envisage pas de s’orienter sans que ce mouvement ait une signification. Et inversement. C’est en fonction de la signification des choses qu’on décide de tourner la tête vers la droite, vers la gauche ou d’entendre ce qu’on a envie d’entendre  et de voir ce qu’on a envie de voir. De la même manière, si on agit de telle façon, cela influe sur tout et sur l’effet que cela a sur notre corps, sur nos sens et sur la signification des choses c’est-à-dire en fonction de -cela m’a toujours fasciné- en fonction des choix que je vais faire …. Par exemple, imaginez là que je vous regarde, si d’un seul coup, je me retourne pour regarder Emilie que je connais. Si  je me retourne pour la regarder peut être que mon destin ne va plus du tout être le même … Vous voyez ce que je veux dire ?! Je me rends compte à quel point on sous-estime que la moindre chose que l’on fait a des conséquences …. C’est l’effet papillon quoi ! Je me suis rendu compte que ce mot SENS, ce n’est pas par hasard qu’on l’utilise pour dire ces trois choses différentes. Ce n’est pas par hasard que c’est un mot qui parle de ces trois choses-là. Il y a 20 autres raisons et je peux vous en donner plein d’autres. Par exemple, il y a un truc qui est assez marrant, au début, ça parle d’un jeu, vous savez ce jeu …

Un nouveau silence, la mine interrogative du style « Comment je vais traduire ». Il reprend : « Ok ! Alors un jour j’ai failli perdre mon permis et j’ai fait un stage pour le récupérer … Devant nos regards stupéfaits, il plaisante : « Alleeez … Dites-le si vous aussi avez failli perdre votre permis … (Rires de l’assistance). Ibrahim Maalouf enchaîne : « Pendant ce stage, j’ai fait comme tout le monde, j’ai appris que parfois tu as l’impression de voir quelque chose sur la route, or, ça n’est pas le cas ! C’est pour cette raison là que parfois  il y a des STOP à des endroits où toi  tu t’imagines que pour toi il n-y en a pas besoin. Ils (les formateurs) nous ont expliqué tout un ensemble de choses qui nous ont  fasciné ce jour-là …. J’ai appris plein de trucs ! (ses yeux brillent). Ils nous ont fait faire plein de choses, et parmi les jeux qu’ils nous ont fait faire, c’est de là qu’ est venu  le jeu avec le mot SENS avec le trois que j’ai pris pour l’album. Ils nous ont fait lire un texte (je ne sais pas si vous avez fait ce test) de 4/5 mots. Il y avait 3 ou 4 textes différents mais avec 2 ou 3 mots à chaque fois à retenir. On avait cependant le droit de regarder 1 ou 2  secondes et après, on devait dire ce qu’il y avait d’écrit . On est tous tombé dans le panneau !

Comme par hasard, si là je vous montre ce qu’ il y a écrit 1 seconde (il montre l’album) il y a au moins 20% des gens parmi nous qui vont dire qu’il y a écrit SENS (au lieu de S3NS) et qui sont prêt à mettre leur main à couper et il y en d’autres qui vont dire « J’ai vu un truc Y, c’est pas évident » ….  J’aimais bien ce jeu parce que moi j’étais persuadé d’avoir lu ce que j’avais lu et en fait je m’étais trompé. Je me suis rendu compte qu’en faisant ce test, en jouant au jeu avec plein de gens différents, je me suis rendu compte qu’ il y avait un type de personnes qui lisaient SENS (en l’épelant au sens littéral). C’était en général les gens qui étaient plutôt résilients et les autres qui lisaient S3NS (en mettant le chiffre en avant). Cela veut dire quoi ? Que ce sont des gens en général qui sont assez mathématiques (dans leur approche), assez pragmatiques très analytiques et qui sont un peu moins dans la poésie en général. C’est grâce à ce petit jeu que je m’en suis aperçu. Ou je me suis dit, finalement, il faudrait qu’on s’essaie tous à ce jeu-là  on pourrait en parler des heures…. D’un coup, il demande : « Quelle heure est-il ? Personne n’a vu le temps passer, il est presque midi ! Des personnes râlent un peu, car elles voudraient continuer l’entretien, mais Ibrahim Maalouf reste ferme : « Vous pouvez me détester, moi. C’est vrai qu’on a commencé à la bourre et on est déjà très en retard. Nous devons rendre le studio « …. Tout le monde se lève et s’approche de lui pour un dernier mot, une dernière photo, et lui même prend une photo de groupe qu’il publiera sur les réseaux sociaux. Je remercie beaucoup Ibrahim Maalouf d’avoir partagé ces instants précieux avec nous et pris le temps de nous expliquer ses motivations pour ce nouvel album magnifique (vous pouvez lire ma chronique de l’album ICI).

Le clip vidéo « Happy Face » est également disponible et reflète avec fidélité l’intention du morceau, ses couleurs et l’esprit joyeux qui animent ceux qui chantent et qui l’écoutent. Une façon de voir la vie de façon plus positive encore !

Ibrahim Maalouf entame une nouvelle tournée en France et en Europe et il y a forcément une date près de chez vous. Pour en avoir vécu quelques-uns, voir Ibrahim Maalouf sur scène est un moment unique, intense et festif, je ne saurais donc trop vous recommander de vivre l’expérience au moins une si ce n’est plusieurs fois. Les prochaines dates sont disponibles sur son site ICI et sur les réseaux sociaux. Il terminera l’année les 14 et 15 Décembre prochains à la Seine Musicale à Boulogne Billancourt.

Retrouvez Ibrahim Maalouf sur internet :

Catégories :Echos, Pirouette & Cie

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