Ibrahim Maalouf en S3NS, avec son nouvel album version latino-américaine

Quand j’évoque Ibrahim Maalouf, j’ai en tête 2 souvenirs. Le premier, celui d’un jeune trompettiste que j’ai découvert en 2011 sur la scène de  l’Alhambra à Paris dans le cadre des Talents Jazz du Fonds d’Action SACEM, avec Thomas Enhco, Fiona Monbet, Benjamin  Siksou et Emile Parisien. Cette année là, Ibrahim Maalouf sortait alors son troisième album encore auréolé du succès Beyrouth, sa ville de naissance, dont l’interprétation m’avait totalement bouleversé à l’Alhambra. Le second souvenir, plus récent, avec le fabuleux groupe  Haïdouti Orkestar au Pan Piper à Paris en Décembre 2018.  J’avais été époustouflé par sa capacité à fondre sa virtuosité de trompettiste dans une musique tzigane colorée et rythmée, entraînant bien malgré lui son public dans son sillage comme les volants de la jupe de la danseuse espagnole présente ce soir-là.

Autant dire qu’entre ces 2 dates, l’écart est vertigineux. En une décennie, il a d’abord collectionné de nombreux et grands Concours Internationaux au monde comme soliste classique puis il a su devenir le trompettiste incontournable autant dans la pop, le jazz que dans le domaine des musiques dites « du Monde ». Il a côtoyé les artistes les plus emblèmatiques comme Sting, Salif Keita, Amadou & Mariam, Tryo, Matthieu Chédid, Lhasa de Sela et de nombreux artistes de styles très variés. Entre 2007 et 2019, Ibrahim produit, compose, arrange et réalise plus de 15 albums pour lui et pour d’autres artistes. Il compose également plus de 10 œuvres symphoniques ainsi qu’une quinzaine de musiques de longs métrages.

En 2019, Ibrahim signe les bandes originales de 3 longs métrages, et fait une tournée d’été à travers la France avec la fanfare balkanique Haidouti Orkestar. Comme si ce n’était pas suffisant, il nous propose son onzième album S3NS, qui est attendu le 27 septembre et annonce une tournée mondiale dès la rentrée 2019 à l’occasion de la sortie de ce nouvel opus. Il débutera cette tournée par trois dates exceptionnelles à l’Olympia : les 23, 24 et 25 Septembre. A se demander, avec ce parcours aussi marquant et foisonnant si Ibrahim Maalouf a plusieurs vies ou un don d’ubiquité très poussé….

© Yann_Orhan

En attendant que cette boule d’énergie artistique ne vienne tout bousculer sur son passage, j’ai rendez-vous avec ce pur génie de la trompette dans les Studios Saint Germain à Paris afin d’écouter ce nouvel album en session privée. Je suis accompagnée avec Yanis Baybaud, fan de la première heure et photographe de son état. L’accueil est très chaleureux à l’image du bonhomme qui a auparavant l’heure précédente, invité quelques fans à découvrir son album avant la presse et les médias. Il s’enquiert de savoir si nous allons bien, si nous avons facilement trouvé l’adresse et d’être patients car il y a des retardataires. Une fois tout le monde arrivé, il nous fait l’immense cadeau de nous remettre en mains propres son album en version vinyle. J’avoue que l’intention me touche beaucoup même si je sais que c’est aussi une façon de promouvoir son disque. Son album est très beau. Sur fond blanc, Ibrahim Maalouf est vêtu d’un blouson noir, les yeux fermés dans la position habituelle de trompettiste sauf qu’à la place de la trompette, une explosion de peinture de couleur vient illuminer la pochette. Chacun y verra ce qu’il veut bien voir. Personnellement, j’y trouve ce côté festif et métissé de toutes les cultures latino-américaines que l’on trouvera sur l’album. Quand on ouvre ce double disque (avec 4 faces, comme à l’ancienne), on découvre les textes qui accompagnent chaque morceau. On comprend qu’Ibrahim Maalouf a pris un soin tout particulier à expliquer ce que ces titres représentent à ses yeux. Subtilement, on y vient, il donne tout le SENS qu’il souhaite transmettre à ses auditeurs comme autant de pistes sur lesquels il déroule des cailloux blancs pour découvrir peu à peu ses intentions artistiques.

Il explique également qu’il a enregistré son nouvel album à Ivry sur Seine dans son studio personnel et fait un bref aparté sur l’histoire du studio où nous nous trouvons. Nous sommes une douzaine de personnes à avoir le privilège d’être avec lui dans cet endroit magnifique où trône plusieurs pianos, deux grosses enceintes sur pied face à nous et en fond un drapeau de Cuba posé fièrement par Ibrahim et qui nous donne déjà des indices à peine voilés sur la coloration musicale de cet album. Il recommande de ne pas forcément rester statique et que nous avons la liberté de déambuler ou de danser si nous le souhaitons. L’écoute commence. On se croirait un peu comme dans une église avec cette concentration quasi religieuse devant le déversement de notes chaleureuses, cuivrées et rythmées. Le disque démarre par 2 faces A et B avec deux titres qui ont été publiés en audio en amont de la sortie de l’album. Ces morceaux donnent déjà la tonalité de cette nouvelle galette. Une tonalité à la fois moderne et traditionnelle qui fait la part belle au continent Sud-américain et ses îles de l’Océan Atlantique.

Yanis Baybaud a photographié ces instants privilégiés aux Studios St Germain avec l’accord d’Ibrahim Maalouf. Je vous invite à en découvrir certaines ci-dessous. Si vous aimez ses photos, vous pouvez vous rendre sur son site pour en découvrir plein d’autres et d’autres d’artistes très différents.

Sauf mention contraire, les photos sont créditées 12Photography by Yanis Baybaud (Reproduction interdite sans autorisation / Tous droits réservés).

Copyright Yanis Baybaud – Twelve Photography

Pour découvrir l’univers visuel de Twelwe Photography by  Yanis Baybaud, rendez-vous sur les liens suivants :

SITE OFFICIEL : www.twelve-photography.fr/FACEBOOK : facebook.com/Twelve-Photography-by-Yanis-BaybaudTWITTER : twitter.com/ybaybaud

Copyright Yanis Baybaud – Twelve Photography

D’abord, le génial « Happy Face« , comme une marche intempestive vers ce bonheur que chacun cherche à atteindre. Ce bonheur qui s’appelle la chance d’avoir une famille, les rires des enfants et celui d’un petit enfant qu’on entend distinctement (très probablement celui de sa fille Lily) dans le morceau, qui nous font croire que la vie vaut la peine d’être vécue quand on fait face à un sourire radieux. Si ses relations avec son père sont difficiles et devenues quasi inexistantes : « Je n’aimais pas le son de la trompette. J’ai étudié l’instrument uniquement pour me rapprocher de mon père. » (cf. leparisien.fr), on peut parier qu’avec ce morceau qu’il fait un pied de nez à cette situation. Cette fois-ci, la trompette l’a réconcilié avec la famille, celle qui a fondée avec la naissance de sa fille en 2009 et toute celle qui se trouve en Amérique du Sud. On ressent beaucoup de joie, de bienveillance et d’empathie à l’écoute de ce titre. Un peu comme cette petite balade pianistique à la fin du morceau, qui nous collerait presque un happy face de circonstance.

Avec le second instrumental « Una Rosa Blanca« , on rentre de plain pied dans un univers à la fois Jazz et cubain qui fait la part belle au piano-trompette. Si elle démarre sur une sonorité mélancolique, elle devient très vite un titre plus enlevé avec le son des cuivres chaleureux. Plus inattendu est le discours de Barack Obama au milieu du titre, quand il s’est rendu à Cuba et qu’il a offert une rose blanche en signe de paix retrouvée entre les 2 pays qui se sont longtemps sentis incompris et déchirés pour des raisons politiques. L’indication sur le disque précise que ce discours du 22 mars 2016 à La Havane est avant tout synonyme d’espoir et que rien n’est impossible si on le souhaite vraiment. Ce Saludo de Paz permet la transformation instantanée de cette composition en un rythme typiquement cubain auquel s’ajoute des percussions reconnaissables et des cuivres qui donnent cette couleur de la Havane reconnaissable entre toute où on sentirait presque les feuilles de cigare de cette île lointaine nous caresser la joue. Pour moi, ce titre est un petit bijou qui ouvre la voie sur ce nouvel album à d’autres sonorités Sud-Américaines à venir. On comprend alors qu’Ibrahim Maalouf a fait le choix d’une proposition artistique cohérente avec ce qu’il a fait dans son parcours et son évolution phonographiques. A la question sur ces albums précédents « Dois-je évoluer forcément dans une direction artistique claire : Orientale, ou Occidentale ? Suis-je contraint de par mes origines de me réfugier dans la facilité de l’exotisme ? », il répond avec l’album S3NS un grand oui en explorant du côté d’un autre continent qu’il n’avait pas vraiment défriché aussi profondément que maintenant.

Avec le morceau « S3NS« , il s’inscrit dans une démarche plus personnelle, une création à son image où la trompette est omniprésente comme sa propre respiration, ce battement de coeur répété. Il y joue une improvisation de sons qui rebondissent dans tous les sens, de ce qu’il ressent profondément sans savoir où cela le mène, sur le fil des sentiments et d’une certaine fragilité qui animent ce musicien sensible et humain. Sur le disque, il ajoute qu’il se pose des questions existentielles sur le rythme de nos coeurs, du sens que l’on leur donne à l’inverse des choses réelles. On y retrouve Ibrahim Maalouf le chercheur l’accordeur et l’arrangeur de sonorités liées à l’existence humaine et son fonctionnement. La touche pianistique à la fin représente à merveille ce battement infini qui pourtant un jour finira par s’arrêter. On l’espère le plus tard possible.

Le titre « Harlem« , change la donne de façon drastique avec ce gimmick guitaristique en introduction propre aux séries américaines des seventies, Ibrahim Maalouf prend la direction de l’Amérique New Yorkaise, de Big Apple et de ses buildings sans fin, de ses rues bondées de voitures comme si nous étions dans un cab jaune à sillonner la ville de nuit avant de finir dans un club de jazz. L’indication sur le disque fait référence à sa rencontre avec Lhasa de Sela dans les années 2000. J’aime la musique d’Ibrahim Maalouf pour cela. Il a cette capacité de nous transporter dans les univers qu’il a dans sa tête, dans les endroits qu’il a vu (même très peu de temps), qui l’ont marqué et nous permet de voyager avec lui. Ce Harlem là me plait décidément beaucoup. Sans oublier ce featuring de fou avec le saxophoniste Ténor Irving Acao qui l’accompagne sur ce morceau.

Pour terminer la face B, il s’autorise une parenthèse musicale un peu plus fun, avec un lâcher prise certain, entre ronflements Rock-electro entrecoupés de plages Jazz et des rythmes qui font penser à des piaillements. Comme l’indique le titre « Na, Na, Na » qu’Ibrahim traduit comme une mélodie sarcastique qui se moque des absurdités véhiculées sur les réseaux sociaux, ce Bla Bla Bla permanent et perpétuel duquel il faudrait chercher à s’élever pour n’en garder que le meilleur. Ce n’est pas forcément un des titres phares de l’album mais plutôt une récréation artistique qui n’a pas vocation à marquer les esprits parmi les autres titres somptueux de l’album. Seul le violon sybillin de Yilian Canizares a un intérêt artistique dans ce drôle de morceau.

© Yann_Orhan

A ce moment de l’écoute, je reste encore sur ma faim, même si j’ai beaucoup aimé le début de l’album. Un peu comme si Ibrahim Maalouf n’avait pas encore tout donné, comme si il en avait encore sous le pied et qu’il aurait envie de nous surprendre avec des morceaux encore plus marqués dans sa démarche artistique. C’est le cas des 3 prochains titres qui déboulent littéralement dans nos oreilles sur les faces C et D. Si on avait un peu bougé la tête sur le rythme cubain d’Una Rosa Blanca, avec le titre « NEGU« , ça commence sérieusement à remuer dans les bras et les jambes. NEGU qu’Ibrahim traduit par « Never Ever Give Up », (une expression qui va rester dans mon vocabulaire c’est certain) est un morceau qui date dans le parcours du trompettiste et fait référence à un moment heureux sur la plage de Venice Beach à Los Angeles. Comme quoi, on peut dire que l’inspiration vient aussi en marchant…. J’y entend moi le toucher pianistique reconnaissable entre tous du Fender Rhodes d’Eric Legnini, un morceau entraînant, des cuivres qui réchauffent le coeur, une trompette qui reflète ce moment joyeux et sans prétention, qui donnerait envie de se lever tous les matins avec une sacrée patate. Bref, une mise en jambe qui s’élève crescendo pour nous inviter à nous motiver. Presque un tapis rouge qui se déroule avant le morceau de bravoure qui va suivre.

« Gebrayel » est un de ses morceaux qu’on oublie pas. Cuba y est représenté dans toute sa splendeur, sa décadence aussi, mais aussi sa générosité musicale sans faille, qui fait voyager dans tous les recoins de l’île avec tous ses instruments et ses percussions qui vous attrapent de partout. C’est complètement DINGUE, on ne sait plus où donner de l’oreille, tellement la richesse artistique de ce morceau, la virtuosité de la mélodie, les notes clinquantes et scintillantes des musiciens vous envahissent totalement. Personnellement, je me suis évadée en esprit et en pensée des studios St Germain, pour atterrir à la Havane à danser la salsa et à virevolter comme une toupie avec la population locale tout en dégustant un rhum arrangé parfumé bien fort. C’est simple, les têtes tournent dans les studios, les mains marquent le rythme sur les cuisses comme si nous étions tous envoûtés par ce grand magicien trompettiste et ses musiciens cubains extraordinaires. Ce titre donne tous son S3NS à l’album, car n’est pas un morceau latino-américain exotique de plus … C’est la marque de fabrique familiale des Maalouf dont les origines (nous apprend Ibrahim sur le disque) se sont exportées au delà des racines libanaises, vers ce continent Sud-américain qui s’étend du Brésil à Cuba, du Mexique à l’Argentine, et du Chili au Venezuela. Donnant au passage une écriture, une sonorité différente et hispanisante du nom Maalouf. D’ailleurs, Gebrayel est le prénom de l’oncle de son grand père maternel venu sur les terres cubaines à la fin du 19è siècle. C’est dire si ces racines sud-américaines si lointaines ont su resurgir avec force, brio et fierté dans cet instrumental de haute volée sur ce nouvel album au 21ème siècle ! On tient là le morceau phare de l’album S3NS, qui assurément fait travailler nos cinq sens bien au-delà de la simple ouïe. D’ailleurs, j’aurais bien envie de me remettre encore et encore ce Gebrayel pour ne pas sortir de ce moment musical merveilleux, généreux, riche, emphatique, presque frénétique …. On en ressort complètement rincés. D’ailleurs, il y a des petits cris d’extase qui sortent de l’assistance à la fin du morceau et qui ne trompent pas.

« Enfant, je rêvais d’un monde où les êtres humains pouvaient se parler sans crier, dialoguer sans se faire de mal et construire ensemble sans chercher à détruire ce qui leur semble ne pas convenir chez l’autre. J’ai donc vite compris que le monde ne tournait pas dans le même sens pour tout le monde. »

Pourtant, pourtant, pourtant …. Après avoir dansé, l’auditoire va applaudir presque malgré lui ce surprenant cadeau musical. Il manquait à cet album ce titre thérapeutique et intime qu’est sans conteste « All I Can’t Say« . Ce piano-trompette tisse une mélodie mélancolique et fait flotter au-dessus de nous ces doutes que peut traverser un homme dans l’adversité. Il renvoie aussi aux racines orientales d’Ibrahim qui sont présentes dans toute sa musique, auxquelles il est indéfectiblement lié. Comme il le précise lui même sur le disque, ce morceau lui permet de remercier toux ceux et celles qui aiment comme sa grand-mère qui lui donne la force de passer par-dessus cette adversité même si elle vous ébranle sur vos fondations les plus personnelles. Sans rentrer dans le détail, ces dernières années, le musicien Ibrahim Maalouf a été vilement attaqué et même si il a su y répondre avec ses moyens, il n’en reste pas moins qu’il est un être humain comme un autre et que certaines choses l’atteignent plus que d’autres. En tout cas pas suffisamment pour remettre en cause sa vie, ses principes et ses valeurs personnelles, tout son parcours qu’il a forgé avec sa seule volonté et cette force artistique hors du commun. Il a ses convictions personnelles qu’il fait partager au long de ces albums. Ce dernier S3NS ne déroge pas à la règle mais avec une dimension supplémentaire. Celle du S3NS, en forme de résilience, ce sens qu’on donne à sa vie, des directions qu’on prend au détriment d’autres, des choix qui irrémédiablement ne peuvent plus nous faire retourner en arrière, des souhaits réalisés qui au final ne rassasient pas notre soif de savoir, notre curiosité si humaine de découverte et qui fait notre vie jusqu’à aujourd’hui. Cette mélodie quasi-cathartique nous touche parce qu’il semble se (nous ?) mettre à découvert, de ce qu’il est profondément avec toute la sensibilité qui le caractérise. Finalement a-t-on réellement besoin de mettre des mots, des images sur ce l’on ressent lorsque les notes se suffisent à elle-même ?

« En ce qui me concerne, par exemple, lorsque je vis un moment heureux, c’est souvent à cet instant que mes pensées sont les plus nostalgiques et à l’inverse, lorsque je vis des moments complexes et tristes, mon âme, pour se protéger et par instinct de survie, me pousse à danser et faire la fête pour ne pas sombrer.« 

Ibrahim Maalouf continue de toucher au coeur, avec ce morceau bonus, qui n’était pas prévu dans la construction de cet album. Incontestablement, avec « Una Rosa Blanca », et ce dernier morceau  » Radio Magallanes« , Ibrahim exprime avec force ses convictions idéalistes (politiques diront certains, humanistes serait plus juste) chevillées au corps. Ceux qu’un peuple a le droit de décider pour lui-même, de rester libre, et de ne jamais se laisser guider que par son proche choix. Je me suis sentie soulevée, portée sur ce morceau comme ses larmes qui montaient presque malgré moi tellement la force de ce morceau réside par des paroles presque sorties d’outre-tombe. Comment alors rester insensible à ces mots de Salvador Allende en ce 11 septembre 1973 alors qu’il est à l’aube de sa propre mort ? Comment ne pas y voir un raccourci historique terrible de ces révolutions qui grandissent en 2019 à la fois en Asie ou dans le monde arabe ? Comment ne pas penser à tous ces migrants entassés sur ces bateaux livrés à eux-même et à la violence de leur pays d’origine qui trouvent dans l’exil cette « quête impressionnante de bonheur » (comme il l’écrit au verso de la pochette). Lui-même fait le constat de son propre chemin de déraciné. Ma grand-mère disait qu’au travers les larmes de joie se cachaient aussi des larmes de tristesse. Derrière cette musique festive qu’Ibrahim Maalouf nous a donné à entendre sur ce prodigieux album ne se cache-t-il pas cette intense gravité, ce désespoir intime que l’on veut cacher pour ne pas se faire plaindre. Ou au moins, pour mieux se relever….

© Copyright : 2019 Mister Ibe ℗ Production : 2019 Mister Ib

Ce 11e album studio d’Ibrahim Maalouf à découvrir le 27 septembre 2019 ouvre un nouveau monde, un nouveau voyage vers l’Amérique Latine pour faire découvrir son identité culturelle originelle et méconnue du public dont il se sent à l’évidence très proche. Si le Jazz et quelques sonorités plus modernes y trouvent une place, ce touche à tout artistique s’est fait plaisir (et par ricochet le notre) entouré de quinze musiciens, en y invitant trois pianistes majeurs de la nouvelle génération cubaine de jazz : Harold Lopez Nussa, Alfredo Rodriguez et Roberto Fonseca, mais également le saxophoniste Irving Acao et la violoniste Yilian Cañizares. Ce disque rend hommage évident à la culture latine et à la musique afro-cubaine. Sa trompette claque, pleure, s’étire et donne le ton, les cuivres sont brillants, éclatants et chauffés à blanc, les pianos caressent et tressautent, les percussions dégagent une énergie explosive, quand ce n’est pas une rythmique en diable qui donne la colonne vertébrale à ce disque. Ibrahim Maalouf fait un va et vient constant vers ses souvenirs intimes en parlant de sa nombreuse famille chilienne et cubaine avec son oncle et sa grand-mère et bien sur sa rencontre avec Lhasa de Sela. Il déroule une déambulation musicale en évoquant des villes lointaines, comme New York, Harlem, La Havane ou Los Angeles. Il associe ses convictions et ses espoirs en évoquant des personnages historiques importants comme Barack Obama et Salvador Allende.

Avec S3NS, vous êtes le bienvenue dans le monde inclassable d’Ibrahim Maalouf.

Epilogue. L’écoute finie, j’ai l’impression de sortir d’une torpeur bienfaisante et dérangeante à la fois. J’ai besoin de savoir de la bouche d’Ibrahim Maalouf pourquoi cet album s’appelle ainsi, comment s’est passé la composition de ce disque, etc … et le reste de l’auditoire brûle de lui poser mille questions comme moi sur ce nouvel album. C’est avec plaisir qu’Ibrahim Maalouf se plie au jeu des questions/réponses. L’occasion pour moi de vous donner très bientôt rendez-vous pour un prochain article relatant ce bel échange entre l’artiste et nous. Après cet échange vient le temps des confidences individuelles, des selfies de rigueur, des compliments à cet artiste hors norme qui adresse un sourire, quelques mots à chacun d’entre nous avec bienveillance. Avec son disque sous le bras, j’ai l’impression d’avoir une cargaison précieuse que nul n’a encore entre ses mains avec cette incroyable mission de partager avec vous ce moment suspendu qu’offre ce sublime S3NS le nouvel album d’Ibrahim Maalouf. A se procurer sans tarder.

En attendant, Ibrahim Maalouf a annoncé une belle et longue tournée en France et en Europe cet automne, dont les dates sont listées ci-dessous.

  • 24 et 25 septembre : Paris, Olympia – COMPLET
  • 23 septembre : Paris, Olympia – COMPLET
  • 28 septembre : Brest Arena
  • 29 septembre : Zénith Nantes Métropole
  • 6 octobre : Le Liberté, Rennes
  • 12 octobre : Zénith Toulouse Métropole
  • 13 octobre : Arkéa Arena, Bordeaux
  • 19 octobre : Zénith Arena de Lille
  • 20 octobre : Den Atelier, Luxembourg (Luxembourg)
  • 26 octobre : Le Summum, Grenoble
  • 27 octobre : La Halle Tony Garnier, Lyon
  • 2 novembre, Arena de Genève (Suisse)
  • 9 novembre : Rockit, Groningen (Pays-Bas)
  • 10 novembre : Paradiso, Amsterdam (Pays-Bas)
  • 16 et 17 novembre : La Sirène, La Rochelle
  • 23 novembre : Zénith de Dijon
  • 24 novembre : Zénith de Nancy
  • 30 novembre : Opéra Garnier Monte-Carlo (Monaco)
  • 1er décembre : Le Dôme, Marseille
  • 8 décembre : Zénith Sud Montpellier

Retrouvez Ibrahim Maalouf sur internet :

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