Kimberose, Diva Soul à l’Olympia (live report)

Avec son album Chapter One, l’année 2018 a été l’année des premières fois sur les petites et grandes scènes françaises et une année de découverte, un vrai succès public, qui n’en finit de s’accroître à chaque apparition télévisuelle de la jeune femme. 2019 ne dérogera pas à 2018, avec ce premier Olympia qui couronne une année de tournée intense avec ses musiciens.

Avant de retrouver Kimberose sur scène, place à King Crab, venu directement de Marseille pour nous faire découvrir leur musique. Lucas et Adam Derrez, les deux frères à l’origine de ce groupe de Soul venu tout droit du Sud foulent pour la première fois la scène mythique de l’Olympia à l’invitation de Kimberose. Ils sont accompagnés sur scène aux claviers de Kevin Gelsi et à la batterie de Florent Sallen. Comme ils se définissent sur leur site, « TWO BROTHERS – FOUR FRIENDS – ONE SOUL BAND » (traduction, deux frères, quatre amis, un groupe Soul), ils le sont indéniablement sur scène. Ils ont à leur répertoire un premier EP dénommé « Reworx » sorti en 2015.

Ils sont connus pour leurs nombreuses covers dans leur domaine musical favori. Sur scène, King Krab est un quatuor qui prend beaucoup de plaisir à partager leur musique à fois funky et groovy. Leur répertoire reprend essentiellement des sons Soul et Funk issus de leurs influences musicales principales (Al Green, D’Angelo, Michael Jackson, Stevie Wonder, Marvin Gaye, Donny Hathaway, George Benson), tout en rythme autour des voix principales de Lucas et Adam. Ils s’autorisent une incursion dans la chanson française en reprenant à leur sauce, la chanson de Dalida « Paroles, paroles », dans laquelle ils entremêlent avec dextérité et douceur quelques notes de « Killing me softly » des Fugees. Leur performance live d’une vingtaine de minutes est super agréable à écouter, mais leurs arrangements si subtils soient-ils ne parviennent toutefois pas à m’emporter complètement. C’est dommage parce qu’ils auraient tout à gagner s’ils élargissaient leur répertoire qui reste assez répétitif, comme un bon vieux juke-box qui passeraient les meilleurs Golden tubes Soul de ces dernières années. Il manque à mon sens une touche de modernité ou de mélange avec d’autres musiques comme le Jazz ou l’électro. Cela dit, je vous encourage tout de même, si vous aimez groover sur des sons mythiques Soul, à aller sur leur site officiel et leurs différents réseaux sociaux pour y jeter une oreille.

Plus d’infos : Site Officiel SoundcloudFacebookInstagram

King Crab band – photo extraite de leur site Officiel king-krab.com

Roulement de tambours, musiciens en avant avant arrivée de Kim dans un ensemble saumon dénudé aux épaules, longue chevelure lisse et brune déroulée le long du dos, tout en sensualité. « About Us » est la première chanson qui envoie du lourd dès le début. Elle démarre son show de façon tonitruante, le public est déjà au taquet et elle termine son titre par une vigoureux « Bonjour » à son public. La jeune diva nous fait savoir qu’elle est en pleine forme ou serait-ce une manière de dissimuler son trac ? On entre dans le vif du sujet avec les titres « Reason », et surtout « Needed You » (sur laquelle plane l’ombre bienveillante d’Amy Winehouse) qui signe un vrai retour au plus pur Soul de son album Chapter One.

Elle reprend son souffle pour entrer en contact avec le public et lui dire que cet Olympia est un rêve de gamine qui se réalise. Elle insiste en affirmant que ce ne sont pas des bêtises et quelle a longtemps attendu pour être sur cette scène. On la sent très investie dans son show, en multipliant le dialogue avec son public entre chaque chanson, à moins que cela ne soit une quête d’approbation pour coller au mieux aux envies de l’auditoire.

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Un moment plus introverti et plus sensible pour Kim, qui affirme que cette chanson a été une manière pour elle de dire stop dans une période de sa vie plus difficile que maintenant. Il s’agit du titre « No more », qui permet une belle respiration avec cette ballade mélancolique et bluesy. Kim interprète ce titre comme si elle avait du se battre comme jamais pour en arriver là où elle en est. Ce refrain lancinant « No more » se traduit comme une espèce de libération, qui permet de mettre en avant les sonorités puissantes des claviers d’Alexandre Delange.

On aborde un virage plus pop avec le titre « Waiting for you », avec les coups de baguettes de Rémi Ferbus qui distillent les le tic tac d’une horloge sur ce temps nécessaire que chante Kim pour que son homme devienne celui qu’elle espère. La magnificence et la sensualité de sa voix est là offerte à nos oreilles. Mais aussi sa douceur. Elle assure sans faille son répertoire sur mesure pour sa voix. Il est temps de faire un peu d’interactions avec son public : c’est l’occasion  de chanter une première reprise « Human after All » rendue célèbre par  Rag’n’Bone Man, en apostrophant « Il est « Vous », chantez avec moi, OK ». L’opportunité de montrer qu’elle possède autant de coffre que ce grand bonhomme sans oublier d’y mettre sa patte féminine.

Retour à la douceur, avec les compositions « I’m a fool » et « Wolf » second titre à la sauce Winehouse, où les failles pointent leur bout du nez. On se sent étreint par sa tristesse, sa mélancolie divinement interprété par les longs sanglots tirés du solo au clavier d’Alexandre Delange. De longs applaudissements viennent couronnées ce deux superbes slows et la performance du musicien. Elle évoque d’ailleurs sa rencontre avec lui il y a 10 ans en faculté de psychologie, avant de rendre un hommage appuyé à une chanteuse qu’elle admire et qui nous a quitté l’année passée, Aretha Franklin. Un a capella au piano de toute beauté qui est certainement un des meilleurs moments du concert. Je sens les frissons me parcourir le long du corps, et je me dis intérieurement qu’Aretha aurait accueilli Kimberose  à bras ouverts comme une fille spirituelle, de celles qui perpétue l’histoire de la Soul Music avec un grand S. Le public est subjugué et donne à Kimberose ses premiers galons de chanteuse dans le panthéon mythique de cette musique noire américaine.

Kimberose n’en reste pas là dans ses hommages aux artistes noirs américains. Sam Cooke et Nat King Cole ont droit à une revisite de leurs plus grands tubes de l’époque, respectivement, « A Change is gonna come », et « Smile ». Deux chansons qui trouvent écho dans son parcours personnel, à la fois ce changement de vie (elle était auparavant dans le milieu médical) vers ce rêve de jeunesse d’embrasser la chanson. Mais également sa sensibilité, et ses racines familiales qui lui rappellent que nombre de personnes n’ont pas la reconnaissance qu’ils devraient en raison de la couleur de leur peau. Cette discrimination raciale qu’a vécu à son époque Nat King Cole dans l’Amérique des années 50, il l’affrontait à sa façon en gardant continuellement le sourire. Ce Smile que Kim chante à son tour avec bienveillance, qui lui ressemble aussi, avec son sourire d’une blancheur éclatante et d’une joie de vivre qu’elle distribue sans retenue pendant ce concert.

Crédit Photo : Yanis Baybaud – Twelve Photography

Parmi toutes ses covers, il y en a une que je ne connaissais pas, celle de Robyn, une chanteuse suédoise, avec la chanson « With every heartbeat » (composition datant de 2007) qui ne figure pas dans son EP Chapter One. Cette reprise diffère de toutes les autres non seulement par son côté Folk (assez loin de son périmètre musical Soul) mais probablement par le sens des paroles. Elle évoque la rupture probable d’un couple, la possibilité de retenir ce qui peut l’être sans jamais revenir en arrière. Je ne peux m’empêcher de penser (et c’est une interprétation toute personnelle) à son ex-guitariste, Anthony Hadjadj, (grand absent des dernières scènes de Kimberose), accessoirement son ex-compagnon, qui l’a porté et accompagné dans cette aventure et dont l’histoire n’a pas survécu à l’ascension grandissante de l’artiste Kimberose. Evoquerait-elle des regrets de cette situation personnelle, nul ne le saura jamais …. En tout cas, les musiciens présents sur scène font le job comme on dit : Rémi Ferbus à la batterie (quel sacré rythme), Jeremy Louwerse (à la guitare basse), Alexandre Delange aux claviers et enfin l’incroyable Kubix Guitsy à la guitare (acoustique et électrique).

La fin du concert est proche, et elle a choisi de chanter les titres les plus emblématiques de sa vie, qui ont une résonnance intime, forte et sensible à la fois. D’abord le titre « George », dédié à son père décédé il y a quelques années avec lequel elle a visiblement encore des souvenirs douloureux. Cette chanson, si elle ne lui permet pas de panser les plaies, a le mérite de mettre à nu sa sensibilité, son humanité, sa tristesse auxquels on ne peut rester insensible. Dans un tout autre registre, la chanson « I’m Sorry », qui l’a pour ainsi dire propulsée sur le devant de la scène musicale française, son premier hit, met son public en émoi. Je retrouve la Kimberose de ses débuts il y a 2 ans dans cette petite salle parisienne, avec plus d’assurance et de profondeur. Le public ne s’y trompe pas. et l’ovationne comme il se doit.

En final, « I’m broke », lui permet de clôturer son premier Olympia en beauté. Elle en profite pour remercier ceux qui l’ont porté jusque là : Fabrice Nataf qu’elle surnomme son « Doudou, Dada » et qui est son éditeur, son producteur, celui qui a cru en elle. Puis bien sûr, son label Six&Sept, les différents techniciens aux retours son et à la lumière, sans oublier son public fidèle qui l’a suivi depuis près de 2 ans de scène en scène. Cette chanson est un terrible pied de nez à sa vie d’avant et l’a représente telle qu’elle est : une guerrière de 27 ans, qui a beaucoup lutté, contre une existence difficile, criblée de dettes quotidiennes, de frigo vide, qui a vu les portes se refermer sur elle, et la misère pointée le bout du nez. Alors oui, Kimberose prend une belle revanche sur cette précédente existence sans renoncer à sa fierté, son envie d’en sortir quoi quoiqu’il en coûte, sa force indéniable de donner corps et vie à ce qu’elle est devenue.

Comme elle l’a fort bien expliquée en interview, Kimberose a donné tout ce qu’elle avait en elle depuis 10 ans, dans son premier album. Son parcours de jeune femme émaillée par des embûches qu’elle n’attendait pas si tôt dans la vie, sa maternité, et l’absence de son père. Toutes ces émotions ont atteint leur but, celui de lui permettre de devenir chanteuse, qui a trouvée son public qui le lui rend bien. Si je dois faire une comparaison avec son premier live à Paris il y a 2 ans, la progression de cette jeune femme a été fulgurante. Elle a su bien s’entourer avec de nouveaux musiciens, elle a pris en assurance sans renoncer à son authenticité, sa façon de chanter a aussi beaucoup évolué en sobriété, et en profondeur de chant. Elle a travaillé dur pour gravir les marches qui la rapproche des grandes divas de la Soul. Cet Olympia n’était pas autre chose que cet incroyable partage émotionnel, viscéral des chansons qu’elle porte profondément en elle. Une nouvelle fois, Kimberly Kitson Mills a osé dans ce temple mythique de la chanson et a porté à merveille son nom de scène, qui lui va comme un gant, KIMBEROSE !

Image associée

Une nouvelle édition du premier album « Chapter One » de Kimberose est sortie ce vendredi 1er février avec 6 titres inédits !

  1. A change is gonna come (Sam Cooke cover)
  2. George
  3. Where did you sleep last night ? (alternative version)
  4. Smile (Nat King Cole cover)
  5. I say a little prayer (Aretha Franklin cover)
  6. With every heartbeat (Robyn cover)

Set List :

  • About Us
  • Reason
  • Needed You
  • No more
  • Waiting for you
  • Human after all (Rag’n’Bone Man cover)
  • I’m a fool
  • Wolf
  • I say a little prayer (Aretha Franklin cover)
  • Where did you sleep last night
  • I’m Sorry
  • Mine
  • A change is gonna come (Sam Cooke cover)
  • George
  • Smile (Nat King Cole cover)
  • With every heartbeat (Robyn cover)
  • I’m broke

A relire, mon article sur Kimberose : Kimberose en concert à l’entrepôt – Octobre 2017

Plus d’infos  : Site Officiel – Facebook – Twitter

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