LAÏN aux 3 Baudets

Premier concert d’automne en ce début d’octobre pour aller découvrir LAÏN aux Trois Baudets. Coup de cœur avoué sur son titre Matelot, il était temps pour moi de la voir sur scène pour écouter les titres de son premier EP du même nom (publié en Juin 2018 chez Néogène Musique). Auparavant, en première partie, Effigie ouvre la soirée.

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Sur le papier, le duo lyonnais Effigie est un duo de musique électronique formé en Novembre 2017. Artistes produit par Thomas Saminada (qui a découvert le groupe Holy Two), on se dit qu’Effigie part sous de bons auspices. Dans leur bio il est dit que « L’effigie, … est une représentation, des images visuelles et sonores. Le groupe revendique une identité graphique forte et travaillée du support à la scène. Il nous embarque pour un voyage onirique et aérien. En live, les corps se fondent dans le décor, le rythme transporte. Ça fusionne. C’est de l’immédiat, du fugitif. Leur travail de composition et de création s’articule autour d’une volonté hybride, celle de mélanger les sonorités des machines au caractère pop de la voix et de la guitare. » Ils ont à leur actif un single « The End » (Vibrations sur le fil / Believe) publié en février dernier. Un EP est prévu pour 2019.

Sur leur première scène parisienne aux 3 Baudets, si les notes de musique mêlent avec subtilité les sonorités dures des claviers et la douceur électrique de la guitare, côté voix, on ne s’y retrouve pas. Dommage que les multiples faussetés et les voix de têtes inaudibles du chanteur viennent saper de belles mélodies nettement influencées par Daft Punk à leurs débuts et un soupçon de Justice. La gestuelle du duo sur scène et la proximité avec le public est minimaliste, ce qui n’arrange rien non plus. C’est fort dommage, car la musique est plus que prometteuse, et instrumentalement, on embarque assez vite dans leur univers.

Effigie

On mettra cela sur le compte d’un trac assez palpable car dans les graves, le chanteur Julien Méret (ex- du groupe métalleux The Socks) s’en sort très bien, tandis qu’aux synthés, machines et autres rythmiques, David M. (aka Pierrick Vivares, également connu sous le nom d’artiste francophone Ȼôme) envoie du lourd, des sonorités chiadées loin de laisser mes oreilles indifférentes. Bref, on sort de leur court set ragaillardi mais un peu frustré.  Leur duo mérite cependant une attention quant à leur devenir quand on écoute la qualité de leur production.

Retrouvez EFFIGIE sur Facebook et Instagram.

La petite salle des Trois Baudets, déjà bien remplie, fait le plein quand LAÏN, tête d’affiche de la soirée arrive sur scène. LAÏN c’est la voix d’Anne-Sophie Marien (aka Sophie L’Aïn), les claviers d’Arno Hipsta et Yann Mass à la batterie. Je suis venue par curiosité après avoir écouté en boucle la chanson « Matelot », en streaming live au Bel Air (dans  l’émission Foule Sentimentale), animé par Didier Varrod, qui est présent ce soir.

Pochette-EP-Matelot

L’EP 4 Titres du même nom est disponible depuis Mai dernier. Sa voix envoutante, ses mots percutants, le piano-voix entêtant et ce beat electro y sont obsédants. Autant dire que l’effet produit par cet album y est encore plus fort en Live, voire même intrigant par cette fragilité scénique que LAÏN déploie malgré elle.

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Il faut dire que dans cette petite salle intimiste qui l’a déjà accueillie, LAÏN est en terrain conquis avec un public de fans venu en nombre qui l’acclame entre ses chansons. LAÏN qui est en communion avec son public, en profite d’ailleurs pour annoncer qu’elle vient jouer entre deux sessions d’enregistrement en studio pour son premier album à paraître en 2019. Elle s’excuserait presque de n’être pas à 100% de ses performances vocales. Ce qui ne transparaît nullement. Il est impossible de rester insensible à la proposition artistique de LAÏN qui oscille entre une chanson française classique (avec des textes ciselés et métaphoriques d’ascendance Bashungienne), une pop contemporaine sombre et mélancolique enrobée par les arrangements électro subtils de son partenaire de jeu musical Arno Hipsta.

© Alexandre Aldavert

Comme le dit si bien sa bio, ses compositions « explore les méandres de nos obsessions, l’urgence de nos émotions et la sempiternelle vacuité des « petites choses » de la vie ».
LAÏN interprète habitée de façon irréprochable, et de sa voix suave les 4 titres de son EP Matelot, mais elle nous fait aussi de jolis cadeaux qui seront sur son prochain album. Tout d’abord, celui que lui a fait Jean Fauque (parolier d’Alain Baschung, qu’elle a rencontré à la faveur des Francofolies de La Rochelle en 2015) qui lui a écrit « On sera sur » (on se rassure aussi) qu’elle délivre sur scène et qui a déjà des allures de futur hit. Il y a aussi le superbe titre « Drogaïne » qui n’est pas s’en rappeler la chanson « Drôle de Caroline » de Philippe Léotard qu’elle a écouté plus jeune.

« Cette écriture n’était pas évidente, il fallait vraiment l’écouter et s’en imprégner. Il fallait s’ouvrir pour comprendre de quoi il parlait. C’est ça que j’aime. Quand les choses ne sont pas forcément évidentes dans l’écriture. »

On pourrait lui retourner la pareille. A-t-on vraiment besoin de comprendre à tout prix un texte qui fait appel à notre imaginaire, ou de décrypter des compositions qui parlent à nos émotions plutôt qu’à notre raison ? Sa gestuelle douce et sensuelle magnifiée par les lumières subjugue et finit d’apprivoiser les dernières réticences que l’on pourrait avoir. Plus je l’écoute et plus je suis emballée par ce concert de LAÏN qui me donne envie d’en écouter beaucoup plus. LAÏN a ce charisme naturel qui ne laisse personne indifférent, qui avec son premier EP Matelot font d’elle une artiste en devenir, qui s’inscrit dans la lignée des Juliette Armanet et Clara Luciani pour la modernité et l’empreinte vocale reconnaissable et plus surement d’une Christine and the Queens pour sa liberté de ton.

LAÏN qui a longtemps chanté du jazz, revient en quelque sorte à ses premières amours en réinterprétant à sa façon le tube de Nicole Croisille « Une femme avec toi ».  Cette appropriation sur le fil avec de nouveaux codes rap, electro et chanson française permet à LAÏN de se démarquer et de terminer en beauté son concert aux Trois Baudets.

Setlist

L’Appel d’Air
La fin de l’Hiver
Le Reflet des Drapeaux
Marianne
On sera sur
Drogaïne
Matelot
Une femme avec toi cover Nicole Croisille (rappel)

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En écoute « Matelot » :

ep matelot

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